Tempi fà

De tradition populaire, on apprend que les villages dont certains composent aujourd’hui Cristinacce,  furent créés au Moyen Âge par trois frères Versini, tous bergers et venus de la micro-région du Niolu.

Encore aujourd’hui, malgré la situation montagneuse, les villages restent très proches dans leur authenticité.

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Dans les différents documents provenant des archives départementales de Corse-du-Sud et datés de 1485, apparaissent déjà de nombreux villages du canton : Revinda, Evisa, Lo Tasso, e Cristinacce et Sia (à l’origine de Ota) entre autres.

Dans le document « Éléments pour un dictionnaire des noms propres » de l’Adecec apparait les lieux habités aux alentours des années 1520, notre village fait alors  partie de la pieve de « Sevendentro ». On y trouve le nom de plusieurs communes à l’orthographe quelques peu particulière : le Cristinachie (parfois orthographié sur des cartes par Christinacchia ou Christinaccie, avec un « h » et un préfixe proche pouvant rappeler le Christ), Marignano, Evisa, Taxo, Laragio.

On devine aisément qu’il s’agit des villages d’E Cristinacce, Marignana, Evisa et U Tassu.

A la fin du 17ème siècle, la pieve de Sevendentro est suffisamment développée pour assurer et garantir leur propre existence quel que que soit le déroulement des choses : les villages de Cristinacce, d’Evisa, de Chidazzu, du Tassu et de Marignana sont fixés. Leurs territoires ne sont pas encore complètement défini. C’est à partir de cette époque qu’est ancrée la culture du châtaigner, qui a envahi petit à petit l’ensemble des massifs (pour les villages au dessus de 500 mètres d’altitude).

Certaines communautés sont abandonnées, alors que d’autres au contraire y sont reconstruites : Piana, Vistale et Revinda notamment.

Les différentes révolutions que connait la Corse entre les années 1729 et 1769 affaiblissent le territoire et les Grecs, qui sont présent dans la piève de Paomia (A proximité de l’actuelle ville de Cargèse) y sont chassés en 1730 par les Vicolais. Ils trouveront refuge dans la cité Ajacienne.

Après la vente de la Corse à la France par les Génois, est créée la pieve de « Sevinfuori » qui réunit les anciennes pieve de Sia et de Salogna en 1771, et en 1773 est fondée la cité grecques de Cargèse.

Ces pieve prennent le nom de « canton » en 1790, et Cargèse est désormais liée au « canton de Sevinfuori ».

En 1954, ces cantons seront également appelés « canton d’Evisa » (Sevindentro) et regrouperont les communes de : E Cristinacce, Evisa, Marignana, Osani, Partinello et Serriera. Le canton de Piana, lui, se concentrera sur les communes de Cargèse, Ota et Piana.

De nos jours, le canton des Deux-Sevi (Créé par décret le 18 août 1973 de la fusion des deux cantons précités) regroupe l’ensemble des communes et le chef-lieu est désormais Piana.

E Cristinacce

Cristinacce serait en réalité constitué de sept hameaux d’où son nom original « E Cristinacce » (également conservé en langue Corse de nos jours), qui signifie littéralement »les Cristinacce » : Mazolaccia, Tasso Soprano, Tasso Sottano, Santa Maria, Minaciosca, Vignale et Poggio.

Les septs hameaux constituant Cristinacce se retrouvent dans le sacristie, un document probablement écris dans les années 1910. C’est dans ce document que l’on apprend la position géographique actuelle de notre village :

« Le village de Cristinacce aurait pris commencement à l’endroit où il se trouve à la fin du XIVe siècle lors de la destruction de l’ancien village des Cristinacce ».

C’est également aux alentours des années 1460 que disparaissent en partie les sept hameaux qui furent brûlés par les Génois, en répression d’une révolte fomenté par Giovan Paolo di Leca, seigneur local née à Cristinacce, dernier comte de Corse.

Le village a été probablement reconstruit vers 1480 à l’endroit actuel, comme semble l’indiquer un document de 1485 sur la réorganisation du canton après ces années de troubles.

Un siècle plus tard (En 1550), les invasions barbaresques massacrèrent une partie de la population et emportèrent de nombreux prisonniers pour en faire des esclaves. Lors de l’une de ces incursions, le village voisin d’Evisa fut pillé et 80 hommes pris et emmenés comme esclaves. L’un d’entre eux, un certain Versini de Cristinacce est miraculeusement revenu au village après de nombreuses années d’exil.

Ses descendants ont conservé le souvenir de son histoire.